quelque chose a changé dans ce le monde. (Mais quoi !)

Depuis l’élection de D. Trump quelque chose a changé dans ce monde. Mais quoi, je suis incapable de le dire mais une impression sourde en moi, me  répète sans arrêt, on serait entré dans une nouvelle ère. Une rupture dans le système économique et financier mondial remet en cause la mondialisation. L’émergence d’une technologie à l’échelle mondiale nous fait entrevoir un monde encore plus soumis. Le modèle européen laborieusement mis en place prend l’eau de toute part. Nous avons perdu nos repères. Dans ce monde en pleines turbulences seul l’Allemagne d’Angela Merkel possède encore une visibilité rassurante et il faut l’avouer l’absence de notre pays dans la partie qui est en train de se jouer est frappante.

L’industrialisation de notre pays commencée à la fin des années 50 a été un rendez-vous manqué avec l’histoire. Ce qui s’avérait à l’époque comme de grande réussites ne sont plus aujourd’hui que des erreurs stratégiques que nous allons payer encore longtemps. Le tout nucléaire au nom d’une indépendance utopique doit être aujourd’hui remis en cause. Une vision à 30 où 50 ans n’a jamais fait un grand pays sur le long terme. La marche forcée du diesel automobile nous pose beaucoup de questions. L’industrie chimique a déserté notre territoire, le tissu des petites et moyennes entreprises est réduit à une peau de chagrin. Ah oui il nous reste la cuisine, au moins on ne mourra pas de faim si nous arrivons à sauver notre agriculture. Il faut le reconnaitre la France est devenue une puissance moyenne qui doit sa place à la bonne volonté des grandes puissances mondiales et en Europe de l’Allemagne.

Aujourd’hui dans ce monde où tout est remis en cause nous demandons à l’Allemagne d’assurer un leadership à l’échelle mondiale alors qu’elle nous dit qu’elle n’est pas prête pour ce rôle.    Quel chemin parcouru par ce pays depuis la fin de la guerre. Toujours hésitante, jamais hégémoniste, elle avance d’un pas modéré mais sur vers un avenir qu’elle a choisi et maîtrise toujours.

La remise en cause par D. Trump des accords de partenariat globaux tel que les projets de partenariat transpacifique et transatlantique sur le commerce et les investissements rend plus improbable, pour les temps à venir, un approfondissement de la mondialisation commerciale. En Chine où une large part de l’économie demeure sous le contrôle du Parti-Etat, l’économie de marché n’est pas encore au rendez-vous. Faute d’accord global entre les Etats-Unis et l’Union européenne sur les normes et les aspects non tarifaires du commerce international qui devait être négocié dans le cadre du Transatlantic Trade and Investment Partnership, Pékin pourrait bien finir par imposer ses propres standards, très en-deçà de ceux qui sont en vigueur de part et d’autre de l’Atlantique Nord. En Europe, le « chacun pour soi » et les vues de court terme bénéficient également à Pékin. Alors l’Allemagne soucieuse de sauvegarder son modèle économique et social pèsera de tout son poids pour la sauvegarde de l’axe transatlantique car le processus de mondialisation pourrait échapper au contrôle des occidentaux dont elle fait partie.  Cette rupture serait pour l’Allemagne fatale. Le rêve européen pourra encore attendre un peu.